Ils en parlent

Touléco

Par Isabelle Meijers - Décembre 2015
Sur le principe très branché de « l’upcycling » ou recyclage par le haut, Elise Le Touzé vient de créer sa marque d’objets et linge de maison jocelin & marlaine. Même Hermès s’y est mis avec ses ateliers petit h, c’est dire que la tendance s’affirme. Ne pas jeter, recycler en mieux. « L’idée est de réutiliser ce que les générations précédentes savaient très bien faire. Revisiter des vieux lins extraordinaires ou de belles laines pour les transformer en produits d’aujourd’hui auxquels on ajoute de la plus-value. C’est aussi l’occasion de créer des objets uniques », explique Elise Le Touzé, ancienne tapissière pendant douze années, après une longue expérience de chef d’ateliers chez l’éditeur de tissus d’ameublement Etamine.
Installée depuis quatre ans à Toulouse, elle découvre dans la région des merveilles de savoir-faire, comme les draps de laine de Passe-Trame à Mazamet ou de Calvet à Castres, auprès desquels elle achète désormais des chutes de tissus. Pour les vieux lins qu’elle teint, la créatrice n’hésite pas à chiner chez les brocanteurs, Emmaüs ou Le Bon Coin. Elle met de côté « tout ce qui pourrait servir. » « J’aime l’idée de réenchanter le textile oublié et d’opter pour une consommation responsable en arrêtant la surenchère ». Elle puise aussi du côté des anciennes broderies sur canevas et assemble avec poésie ces lins, laines et points de croix pour créer des coussins, housses de couette, tabliers ou torchons.
Une e-boutique et des ventes à domicile
La fabrication est confiée à trois couturières locales, et chaque pièce est unique. Les couleurs claquent. La vieille tapisserie poussiéreuse cachée dans le grenier prend soudainement vie. Plutôt ciblée haut de gamme, la marque Jocelin & Marlaine a vu le jour en septembre dernier. Un site marchand pleinement opérationnel en janvier 2016 assurera la distribution. « Nous organiserons également des ventes à domicile ou ventes en réunion. Si le succès est au rendez-vous, je n’exclus pas l’ouverture d’une boutique en propre à Toulouse », détaille Elise le Touzé.
La créatrice a mûri son projet pendant une année avec le soutien de l’association Action Femmes 31, qui accompagne des femmes de plus de quarante-cinq ans, en recherche d’un projet professionnel. Elle a également profité de la dynamique de l’espace de coworking Les Imaginations Fertiles. « À 48 ans, je ne me serais jamais lancée dans une telle aventure sans ces aides. » En tout, un investissement de 5000 euros, du temps, et l’espoir de dégager 50.000 euros de chiffre d’affaires dans un an.